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17/05/2011
Les chevaux acteurs français en manque de reconnaissance!
Luraschi, oscarisé pour le dressage de ses équidés, est "déçu du manque de reconnaissance des chevaux acteurs de cinéma en France".
En selle sur Quijote, Mario Luraschi - plus de 400 films au compteur - enchaîne courbettes, pirouettes, pas espagnol, passage et piaffé. "Le cheval de cinéma n'a pas la place qu'il mérite, en France", commente le dresseur dans son domaine à Ermenonville dans l'Oise.
"Un grand comédien qui joue sur un cheval mal dressé ne serait pas crédible", dit-il. "On ne peut pas imaginer le Bossu sur un cheval refusant d'aller au combat, ou un chevalier de joute dont le cheval fait un écart et tombe comme un couillon !"
Pour mettre le comédien en valeur, le cheval de cinéma doit être beau, avoir de l'amplitude, comme jadis les destriers des rois.
La star Quijote est un vrai séducteur, athlétique et majestueux avec son port de tête et sa robe grise pommelée. Il peut jouer tous les rôles : cheval de comédien ou de cascadeur.
"Il exécute le moindre mouvement sans jamais remettre en question l'ordre qui lui est donné", affirme Mario Luraschi.
Devant les chars romains de "Ben Hur", il explique "qu'un très bon cheval de cinéma est celui que l'on utilisait au XVIe et XVIIe siècles, appelé destrier. Aujourd'hui, on utilise le cheval andalou ou pure race espagnole".
Au cinéma, les chevaux jouent souvent à la guerre. "Je dresse mes chevaux comme pour l'équitation tauromachique, la seule occasion de faire aujourd'hui la guerre à cheval", révèle-t-il.
Ses chevaux grimpent aux murs, sautent dans des bateaux, passent à travers des fenêtres ou explosent des portes avec leurs antérieurs, comme dans le film "Les Visiteurs".
"Je mets mes chevaux dans toutes les situations possibles et leur apprends à n'avoir peur de rien", ajoute Mario Luraschi, assis sur Quijote, qui ne bouge pas une oreille, allongé sur les pavés.
Le dresseur sélectionne sa cavalerie: les plus réactifs jouent les cascadeurs, les plus calmes portent les acteurs. "Après trois mois de dressage, j'élimine d'office les animaux craintifs", commente-t-il. Sa cravache claque bruyamment au-dessus des oreilles de Quijote, qui reste immobile.
Egalement dans l'anonymat, les cascadeurs sont pourtant indispensables dans les films historiques.
"Dans +La Princesse de Montpensier+, pour ne pas avoir un accident grave, je devais bien calculer l'endroit de ma chute car le terrain en Auvergne était très rocailleux", relate Christophe Tellier. En six ans de cascades équestres, il s'est cassé une vertèbre et s'est brisé les ligaments des genoux.
Mario Luraschi a tourné pour Luc Besson dans le film "Jeanne d'Arc" et mis à cheval de nombreux comédiens. Derniers en date : l'Américain Matt Damon et les Français Jean Reno et Jean Dujardin.
En trois ou quatre mois, il leur a appris à "utiliser" ses chevaux. "Sur un cheval bien dressé, vous n'avez rien à faire. Juste appuyer sur les bons boutons", note-il.
"Comme les comédiens qui n'ont pas de niveau équestre seraient trahis par le trot, mes chevaux sont mis au petit galop rassemblé, une allure très confortable. C'est martial, spectaculaire et facile !", explique-t-il pendant que son cheval fait la révérence dans sa carrière ornée de fresques à la gloire des chevaux.
Mario Luraschi et ses quarante cascadeurs seront en selle pour son prochain spectacle, "Excalibur", la légende du roi Arthur et des chevaliers de la Table Ronde, conté par Robert Hossein, les 23 et 24 septembre au Stade de France.





































































































































































































