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13/12/2010
"Une vie de chat", un polar animé à la française
Entre les mastodontes des grands studios américains formatés spécialement pour les fêtes se glisse en cette fin d'année "Une vie de chat", un polar animé cousu main à la française, une AOC venue de la Drôme.
Signe de qualité, ce long métrage d'animation qui arrive mercredi sur les écrans sort du studio Folimage, près de Valence, déjà producteur de "La Prophétie des grenouilles" (2003) et, plus récemment, de "Mia et le Migou" (2008).
Alain Gagnol, l'un des deux coréalisateurs avec Jean-Loup Felicioli, évoque un "artisanat de luxe" pour raconter les aventures de ce matou matois, élevé au domicile d'une commissaire de police et compagnon des veillées nocturnes d'un monte-en-l'air du quartier.
Dino le chat accompagne surtout dans la journée le chagrin et la solitude muette de Zoé, la fille unique de Jeanne, dont le père, inspecteur de police, est tombé sous les balles du plus grand truand de la ville, Victor Costa.
Jeanne traque donc Costa, qui n'hésite pas, pour s'en sortir, à s'emparer de Zoé.
Alain Gagnol, par ailleurs auteur de plusieurs "Série noire", a écrit le scénario et Jean-Loup Felicioli mis l'histoire en scène, en images et surtout en couleurs, repassant les décors à la craie dans une palette de gris colorés lumineux qui éclairent les nuits de teintes de clairs de lune.
"On sent le trait, la main. On n'a pas la 3D de l'ordinateur qui rend tout parfait. On n'a aucun intérêt à reproduire ce que font les Américains avec bien plus de moyens. C'est une autre démarche", indique le premier.
"On travaille au papier et au crayon, l'informatique intervient tardivement. On aime cet artisanat qui nous correspond", confie le second. "Même si derrière nous on a 60 personnes". Et plus de trois ans de travail.
Pour tous deux, ce long métrage est une première et l'animation presqu'un hasard.
Jean-Loup Felicioli, 50 ans, se rêvait peintre des Beaux-Arts et Alain Gagnol, 43 ans, ne pensait qu'à la BD. Tous deux se retrouvent par hasard à Folimage, où ils arrivent à quelques années d'intervalle pour y accomplir leur service civil en tant qu'objecteurs de conscience.
Et même si l'école française du dessin animé, avec des institutions comme les Gobelins à Paris, alimente désormais en jeunes talents l'industrie hollywoodienne, ces deux-là sont en-dehors de ce circuit.
Enfin, ce polar animé qui s'adresse à tous les spectateurs à partir de six ans est servi par les voix de Bernadette Lafont - reconnaissable entre toutes -, de Dominique Blanc ou de Jean Benguigui.
Source AFP















































































































































































































